Coronavirus : La carte covid-19 de l’Afrique

La carte Covid-19 de l'Afrique

Le monde fait face depuis six mois à une crise sanitaire qui ébranle même les systèmes sanitaires les plus rodés. Le coronavirus a fait  plus de 750.000 morts dans le monde. En Afrique, la pandémie a déjà coûté la vie à 24.282 personnes alors qu’on compte, depuis jeudi dernier, plus de 1.074.568 cas de coronavirus confirmés, selon les chiffres bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique. Alors que la crainte d’une seconde vague de l’épidémie de la covid-19 se fait de plus en plus sentir, l’heure est plutôt au bilan sur le continent africain, six mois après l’apparition de ce virus mystérieux pour la première fois à Wuhan, en Chine, le 12 décembre 2019.

La Pandémie en Afrique, six mois après

Le 14 août dernier a marqué les six mois depuis l’apparition du premier cas de patient testé positif au SARS-CoV-2, responsable du coronavirus (Covid-19) sur le continent africain. Malgré les prévisions effrayantes faites à l’Afrique estimant des pics de contaminations à deux ou trois semaines, plusieurs analyses montrent que cette hausse soudaine n’a pas été observée.

Dix pays (l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigeria, le Ghana, l’Algérie, le Kenya, l’Éthiopie, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Madagascar et le Sénégal) comptabilisent à eux-seuls 89% des cas du continent. La pandémie au coronavirus a coûté la vie à quelques 24.238 personnes pour plus d’un million de cas testés positifs, à la date du jeudi 13 août 2020, selon l’OMS. Les pays les plus touchés sont l’Afrique du Sud, avec 568 919 cas dont 11 010 décès, l’Égypte, avec 95 963 cas dont 5 085 décès, le Nigeria, avec 47 743 cas dont 956 décès, le Ghana, avec 41 572 dont 223 décès, ou encore l’Algérie, avec 36 699 cas dont 1 333 décès.

Selon les spécialistes, le virus après avoir contaminé les capitales du continent, s’étend désormais en direction des autres grandes villes et campagnes.

« De nombreux pays connaissent une augmentation graduelle de cas de Covid-19 et il est difficile de discerner un pic », affirme la directrice du bureau régional de l’OMS pour l’Afrique Dr. Matshidiso Moeti, pour qui « En Afrique, freiner le Covid-19 est un marathon, pas un sprint ». Elle encourage les pays africains à ne pas relâcher leurs efforts, dans un climat où plusieurs africains ont déjà levé les mesures strictes, notamment la distanciation sociale et de confinement.

Des tests sérologiques de masse engagés

Dans le cadre des initiatives engagées pour évaluer l’ampleur de l’épidémie sur le continent, le Centre de contrôle et de prévention des maladies en Afrique (CDC Africa) a annoncé le lancement dès cette semaine des tests sérologiques pour détecter la présence d’anticorps contre le coronavirus.

Jusqu’à la fin de la semaine dernière, 9,4 millions de tests de dépistage du coronavirus ont été effectués sur le continent africain ; un chiffre en hausse de 10% par rapport à la semaine précédente. Plusieurs pays se sont inscrits dans ce programme de dépistage préventif. « Le Liberia, la Sierra Leone, la Zambie, le Zimbabwe, le Cameroun, le Nigeria et le Maroc sont les premiers pays qui s’y sont engagés », s’est félicité le directeur du CDC Afrique, John Nkengasong.

Malgré l’isolement relatif du continent, les experts préviennent que son taux d’infection serait plus élevé qu’annoncé.

Les effets économiques néfastes de la Covid-19

« La pandémie de Covid-19 et le confinement mis en place à partir du 27 mars ont eu un impact considérable sur l’activité économique », a souligné l’institut régional des statistiques (StatsSA).

En Afrique du Sud, pays le plus industrialisé du continent africain, la production minière a chuté de 28,2% en juin à la même période de l’an dernier. Et l’on pointe du doigt la pandémie du coronavirus, a indiqué la StatsSA.

Même s’il est en déclin, le secteur minier contribue encore à 8% de la richesse nationale sud-africaine et 45% des recettes en devises, tout en employant 450 000 personnes. L’Afrique du Sud est le pays d’Afrique le plus touché par le Covid-19, avec plus de 570 000 infections, dont plus de 11 000 décès recensés à ce jour.

Que dire du Togo ?

Le pays de Faure Gnassingbé enregistre 3.406 cas confirmés de coronavirus et 22 décès à la date du 17 août 2020.

Selon le Comité de riposte mis en place par l’Etat, le nombre de cas confirmés au coronavirus a pratiquement doublé au cours des trois dernières semaines. D’une moyenne hebdomadaire de 54, ce nombre est vite passé à 90 cas du fait des contaminations communautaires.

A l’origine de ces pics de contamination, le ministre de la Santé, le Professeur Moustapha Mijiyawa, pointe du doigt le relâchement observé ces derniers temps dans le comportement des Togolais.

Ainsi, pour inverser les courbes, plusieurs mesures sont prises. « Le virus circule toujours activement. Et vu la situation au Togo, cela nous amène à prendre un certain nombre de mesures pour conserver la place que nous avons aujourd’hui dans la sous-région », explique le Prof Didier Ékouévi, président du Conseil scientifique mis en place par l’Etat.

C’est dans ce contexte que l’état d’urgence sanitaire a été, une nouvelle fois, prorogée jusqu’au 15 septembre prochain par ordonnance signée le 14 août dernier par le Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé.

Somme toute, malgré le tableau sombre que les prévisions réservaient à l’Afrique du fait de la précarité et de la pauvreté qui sont le quotidien des populations, le vieux continent teint encore la dragée haute au virus mystérieux venu de la Chine. Mais il ne faut pas encore crier victoire tant que le manque de moyens de survie pousse des populations entières à fouler aux pieds les règles élémentaires, notamment de distanciation sociale, le port correct de masque et d’hygiène.

JP Bawéla

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