COVID-19/Budget 2020 : Une large part faite aux secteurs sociaux

Sani Yaya, ministre de l'Economie et des finances

La Cour constitutionnelle a autorisé. Le gouvernement a adopté le projet d’ordonnance portant loi de finances rectificative, gestion 2020, qui modifie la loi de finances initiale d’ailleurs en cours d’exécution. Impactée fortement par la pandémie du Covid-19, la part affectée aux réalisations sociales s’est accrue d’environ 4 % dans le collectif budgétaire autorisée par la Cour Constitutionnelle.

Elle annonce dans une décision du 25 Août que  la loi de finances rectificative, gestion 2020, a pris en compte, dans le budget de l’Etat, les actions de riposte en vue d’atténuer l’impact de la pandémie à coronavirus sur l’économie nationale. Ainsi, la part des crédits budgétaires relative aux secteurs sociaux dans ce collectif budgétaire, atteint 50,6% contre 46,7% dans le budget initial. Cette augmentation se justifie par l’ensemble des initiatives prises par le gouvernement en vue de renforcer la résilience et l’inclusion sociale dues au Covid19. De plus, ce collectif va prendre en charge, à hauteur de 57,6%, le fonds de concours de riposte et de solidarité d’un montant de 400 milliards de francs Cfa mis en place par ordonnance le 11 mai 2020. On parle de 230,4 milliards de francs Cfa.

La survenue de la pandémie du coronavirus a bouleversé les prévisions macroéconomiques du gouvernement qui tablait sur une croissance de 5,3% en 2020. Le ministre de l’économie et des finances en parlait encore la semaine dernière lors de la 2e revue des performances économiques du Togo en 2019. « Les projections laissent apparaître une forte décélération de l’activité économique, avec une perte de croissance de 4,2 points de pourcentage selon l’hypothèse la plus optimiste. En effet, le taux de progression de l’activité économique est révisé à 1,3% pour l’année 2020, contre une prévision initiale de 5,5%, après un taux de 5,3% enregistré en 2019 », a rappelé Sani Yaya.

Tous les autres voyants seront au rouge, notamment l’inflation qui va se situer à 2% cette année contre 0,6% en 2019, le solde budgétaire global va se creuser davantage et se situer -9,3% contre -1,1% en 2019. Comme on peut le voir sur certains de ces indicateurs macroéconomiques, les efforts entrepris ces dernières années partent en fumée, juste en quelques mois. 

Mais l’optimisme est de mise. Au Gouvernement, on ne se résigne pas. Bien au contraire.  Comme le fait remarquer Sani Yaya, la pandémie du COVID-19 a certes des impacts négatifs sur le social et l’économie. « Néanmoins, elle nous enseigne des leçons que nous pourrons tirer, notamment ‘’repenser notre modèle économique’’ pour le rendre moins dépendant de l’extérieur et donc plus résilient face aux chocs externes », a-t-il dit. Il informe que cette nouvelle orientation de la politique économique amènera sans doute à réviser et à actualiser le Plan National de Développement (PND 2018-2022).

Selon le ministre, la nouvelle politique s’articulera autour de la création des pôles de croissance, des unités de transformation industrielle de nos matières premières, particulièrement dans le secteur agricole et industriel pour développer des chaînes de valeur et créer plus d’emploi. Pour le moment, le gouvernement pare au plus pressé pour mieux encadrer et gérer cette crise à travers la mise en place d’un vigoureux plan de riposte contre les effets dévastateurs de cette pandémie ainsi que des mesures idoines visant à renforcer l’activité économique dans son ensemble.

In LE MEDIUM, n°408 du 1er au 07 septembre 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *