PETROLEGATE / AUDIT ET COMPTABILITÉ POUR LES AMATEURS : La comptabilité en partie double

Depuis quelques mois, la presse et l’opinion ne cessent d’aborder un sujet particulier « le petrolegate ». Effectivement, comme le diraient certains observateurs avisés, ça va dans tous les sens. Et surtout, ça dégamme selon les angles d’approche ou de traitement choisis.

Depuis quelques semaines également, l’opinion a été informée par voie de presse et par les réseaux sociaux de l’existence d’un rapport d’audit ou de mission, dans une version provisoire. Un rapport remis au Ministre en charge du Commerce, Kodjo Adedze qui s’est, on ne saurait pour l’instant l’expliquer, retrouvé sur les réseaux sociaux et l’économie dans certaines colonnes.

Votre tabloïde depuis quelques semaines, s’est fait le devoir de fouiner dans ce dossier pour vous donner des informations crédibles, dans une démarche pédagogique mais surtout en traitant l’information sans parti pris, dans le respect des règles éthiques et déontologiques du métier.

Si dans notre dernière parution, nous nous sommes intéressés au processus de décaissement d’un montant de plus de 400 millions FCFA pour les travaux d’aménagement du bâtiment du cabinet du Ministre en charge du Commerce, la  série que nous initions aujourd’hui a pour objectif de vous expliquer « en français facile », les principes simples qui régissent la comptabilité. Aujourd’hui, nous nous intéressons à « la comptabilité en partie double ». Fruit de nos recherches !

Pour les intellectuels et ceux qui ont été à l’école, « la comptabilité en partie double » implique « que chaque écriture dans un compte doit trouver une contrepartie symétrique dans un autre compte ».

Ainsi, l’inscription d’un montant dans un compte « implique toujours la mention d’un montant exactement opposé dans un autre compte », ce qui facilite les recoupements et évite les disparitions.

Concrètement, tout montant porté en comptabilité sera transcrit deux fois : une fois au débit d’un compte, et une seconde fois au crédit d’un autre compte d’où l’expression débiter et créditer un compte.

Maintenant, pour nous les nuls, ça marche comme ceci.

ABALO envoie 100 FCFA à AFI.

Dans la comptabilité d’ABALO, un compte sera débité pour 100 F et un autre compte sera crédité pour 100 FCFA.

Dans la comptabilité d’AFI, un compte sera crédité pour 100 F et un autre compte sera débité pour 100 FCFA.

Imaginez maintenant que vous soyez un auditeur et qu’on vous envoie auditer les comptabilités d’ABALO et d’AFI.

1- Vous arrivez chez ABALO et vous lui demandez :

-Combien avez-vous envoyé et à qui ?

-Il vous répond : 100 F envoyé à AFI

2- Vous allez chez AFI et vous lui demandez :

-Combien avez-vous reçu et de qui ?

-Elle doit vous répondre : 100 F d’ABALO

Vous devez donc conclure qu’il n’y a pas de problème.

Si par contre AFI répond 75 FCFA, vous devez vous dire qu’il y a comme là un problème.

De plus, vous ne pouvez pas vouloir auditer ABALO sans aller questionner AFI. Personne ne fait ça.

Au regard de ce qui précède, penchons-nous sur le rapport d’audit, version provisoire et sur sa recommandation R 31.

Pour rappel, la mission d’audit assurée par des auditeurs de l’Inspection Générale des Finances (IGF) et de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) avait pour objectif de contrôler et de réconcilier les données, etc.

La recommandation R 31stipule ce qui suit :

On comprend un certain nombre de choses à la lecture de cette recommandation :

  1. que deux-cent cinquante-sept milliards quatre cent deux millions seize mille cent treize (257.402.016.113) Francs CFA ont servi à payer TRAFIGURA ET VITOL,
  2.  que 3 banques ont été utilisées : BIA, UTB, ECOBANK
  3. qu’avec de telles affirmations, les auditeurs, ont certainement eu accès aux relevés bancaires.

Par contre ce qu’on ne comprend absolument pas, ce sont leurs conclusions.

Les auditeurs de l’IGF et de la DGTCP disent que si Mr ADJAKLY et Mme LEGZIM-BALOUKI, ne fournissent pas les pièces justificatives, alors, ils doivent rembourser les 257.402.016.113 FCFA.

A défaut de pouvoir suivre la logique exceptionnelle de ces auditeurs, restons dans le registre du questionnement :

  1. comme on l’a expliqué dans les principes de la comptabilité en partie double, si vous voulez auditer de telles opérations, vous devez :

a-demander à Mr ADJAKLY et Mme LEGZIM-BALOUKI sur quelles bases et avec quels documents ils ont transférés les 257.402.016.113 FCFA :

Les auditeurs ont-ils fait cette diligence ?

b- demander aux banquiers BIA, UTB ET ECOBANK, sur quelles bases et avec quels documents, ils ont transférés les 257.402.016.113 FCFA aux traders :

Les auditeurs ont-ils fait cette diligence ?

c- demander à JP MORGAN CHASE à NEW YORK, chambre de compensation de tous les transferts en dollars dans le monde, comment ils ont pu laisser passer 257.402.016.113 FCFA soit l’équivalent de 465.000.000 USD sans pièces justificatives.

Les auditeurs ont-ils fait cette diligence ?

         d- enfin, demander aux traders, VITOL et TRAFIGURA, comment ils ont pu encaisser 257.402.016.113 FCFA sans pièces justificatives :

Les auditeurs ont -ils fait cette diligence ?

Seulement et seulement après toutes ces vérifications, on peut demander aux individus mis en cause de rembourser et ça doit être tous les individus  notamment:

-Madame LEGZIM-BALOUKI

-Mr ADJAKLY Francis

-Le DG de UTB

-Le DG de la BIA,

-Le DG d’ECOBANK

-VITOL

-TRAFIGURA

Plus grave, la conclusion des auditeurs laisse penser qu’il n’y a aucun système de contrôle monétaire dans le pays. Il faudrait aussi donc convoquer le Ministre des Finances, le patron de la BCEAO, toute la zone UEMOA et tout le système de change monétaire avec le risque de voir le Trésor Public américain se mêler de cette affaire.

Au regard de la liste de personnes rencontrées par la mission, il n’apparait aucun banquier.

Pour l’heure, et afin de mieux informer nos lecteurs, nous avons décidés de faire le travail de recoupement nous-mêmes. Pour ce faire, nous allons envoyer dans les semaines qui viennent un questionnaire de recoupement à toutes les personnes impliquées dans la chaîne de ces mouvements « soient disant non justifiés pour 257.402.016.113 FCFA » :

Madame LEGZIM-BALOUKI

-Mr ADJAKLY Francis

– DG de UTB

– DG de la BIA,

– DG d’ECOBANK

-VITOL

-TRAFIGURA

-JP MORGAN CHASE NEW YORK

Dossier à suivre …

Crédo TETTEH

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