2020 pire que 2019 : 50 journalistes tués, 400 autres en prison et un journaliste Togolais en route vers la prison…

Alors qu’on voit défiler les dernières heures de l’année 2020, c’est avec un pincement au cœur qu’on ressasse les moments sombres vécus par les journalistes dans le monde. Le marquoir affiche 50 acteurs des médias tués, en majorité dans les pays dit ‘’en paix’’, sans compter quelques 400 autres qui sont dans les geôles, rapporte Reporter Sans Frontière (RSF) dans un bilan définitif publié le 29 décembre dernier. A cette liste, devrait s’ajouter le confrère Carlos Komlanvi Kétohou actuellement interpelé par la Gendarmerie nationale togolaise et qui serait en route vers la prison.

Le bilan fait froid dans le dos. Et pourtant, depuis plus de dix mois, les journalistes confinés, n’ont pas eu à se retrouver sur les terrains de reportages du fait de la pandémie liée au nouveau coronavirus. Mais le bilan macabre est là : 50 journalistes morts dont 34 tués dans les pays en paix entre le 1er janvier et le 15 décembre, souligne RSF qui pointe le doigt sur de graves atteintes à la liberté de presse. Ce bilan était de 53 journalistes morts l’an dernier (2019).

Selon l’organisation de défense de la presse, «le nombre de journalistes tués sur les terrains de guerre » est en baisse, mais elle constate qu’il y a eu encore plus d’assassinats dans des pays dits ‘’en paix’’. Un phénomène qui est en constante augmentation depuis 2016.

En 2016, 58 % des journalistes étaient tués dans des zones de conflits contre 32 % cette année dans des pays en guerre comme la Syrie et le Yémen ou « des zones minées par des conflits de basse ou moyenne intensité », notamment en Afghanistan, ou en Irak.

Sur l’ensemble des journalistes assassinés en 2020, 84 % ont été sciemment visés et délibérément éliminés, contre 63 % en 2019. « Certains l’ont été dans des conditions particulièrement barbares », relève RSF, à l’image du journaliste mexicain Julio Valdivia Rodriguez du quotidien El Mundo de Veracruz retrouvé décapité dans l’est du pays, et de son confrère Víctor Fernando Alvarez Chavez, rédacteur en chef d’un site d’information locale, découpé en morceaux dans la ville d’Acapulco.

En Inde, le journaliste Rakesh Singh « Nirbhik » a lui été « brûlé vif après avoir été aspergé de gel hydroalcoolique, hautement inflammable, tandis que le journaliste Isravel Moses, correspondant d’une chaîne de télévision du Tamil Nadu, a été tué à coups de machette », rapporte RSF.

Mais l’on retiendra essentiellement que le Mexique est le pays le plus meurtrier pour les professionnels des médias avec huit tués, suivi par le Pakistan (04), l’Inde (03), les Philippines (03) et le Honduras (03).

Les arrestations historiquement élevées…

Selon RSF, « le nombre de journalistes détenus à travers le monde reste à un niveau historiquement haut ». Ils sont de 387 fin 2020, un chiffre quasi stable sur un an, selon le bilan annuel de RSF.

En 2019, RSF avait recensé 389 journalistes emprisonnés pour avoir exercé leur métier. Cinq pays concentrent plus de la moitié d’entre eux (61 %), indique le rapport de RSF. La Chine reste en tête de peloton avec 117 journalistes (professionnels ou non) détenus, devant l’Egypte (30), l’Arabie saoudite (34), le Vietnam (28) et la Syrie (27).

Ici s’invite l’histoire du journaliste Togolais Carlos Komlanvi Kétohou qui serait interpellé par les services de la Gendarmerie pour affaire le concernant. En attendant d’en savoir davantage sur ce dossier, nous osons croire que le confrère ne serait pas en route vers la prison pour une affaire en lien avec sa profession de journaliste.

Aux dernières nouvelles, le confrère après avoir été écouté, a été libéré, mais il devrait faire face à la justice togolaise,notamment une « Saisine du Président du tribunal de Première Instance de Lomé aux fins du retrait du récépissé de déclaration de parution de l’hebdomadaire L’Indépendance Express ». Mais « en attendant la décision du Tribunal, l’hebdomadaire L’Indépendant Express cesse de paraître sous toutes ses formes (papier et en ligne), à compter du lundi 4 janvier 2021 », lit-on dans un communiqué rendu public par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HACC), institution de régulation nationale.

Somme toute, malgré la pandémie de la covid-19 qui a confiné les journalistes dans leurs rédactions loin donc du terrain des reportages, 2020 aurait été une année des plus sombres pour les journalistes dans le monde.

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