L’opposition togolaise à l’heure de la récitation : Vincent, voici Bolloré,…

Quand l'opposition togolaise fait de l'affaire Bolloré son chou gras...

La politique togolaise fait sourire plus d’un quelques fois. Depuis la semaine dernière, les politiciens de tout bord ont trouvé du grain à moudre, apporté par l’affaire Bolloré. Telle une récitation, chacun des acteurs de l’opposition y est allé allégrement de sa mauvaise foi, comme si cette affaire datait d’hier. Bolloré par ici, Vincent par là. Quelle désolation ?

Le plus ridicule d’entre eux, c’est un certain Agbéyomé Kodjo qui, de son champ de maïs, s’épanche abondamment sur les réseaux sociaux. « Quand un chef d’Etat sortant est atomisé dans les urnes et use de la barbarie contre le vainqueur, qui lui refuse un marché gré à gré, recourt à de faux messages de félicitations pour berner l’opinion, se taire c’est se rendre complice. », écrit le président autoproclamé de la dernière présidentielle au Togo.

Que dire de l’inénarrable Nicodème Habia (disparu de la scène politique) et son parti Les Démocrates qui exigent purement et simplement le départ de Vincent Bolloré du Togo et la démission immédiate de Faure Gnassingbé qualifié de président autoproclamé du Togo ? N’est-ce pas de l’amusement ? On dirait des élèves de la maternelle, essayant chacun d’impressionner la maitresse dans une récitation dont ils maitrisent mal les phrases.

Quant au Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), il demande au gouvernement de faire toute la lumière sur ce dossier afin d’éclairer l’opinion. Bizarrement, Jean Kissi et les siens se rappellent tout de même de la saisine du gouvernement à l’Assemblée nationale sur ce même sujet au moment où cette formation politique avait quelques députés à l’Assemblée nationale. On se demande bien à quoi leur sert-il de venir encore maugréer aujourd’hui sur une affaire dont ils ont eu une réponse claire et nette de l’Exécutif. Y a-t-il eu du nouveau dans cette affaire reprise par la justice française pour que le gouvernement vienne de nouveau éclairer la lanterne des uns et des autres ?

The last but not the least, c’est Kofi Yamgnane qui ameute ses amis pour une action en justice en France en se constituant partie civile. De sa rhétorique connue depuis des années, l’ancien maire de St-Coulitz et ministre en France et non moins Togolais, candidat à l’élection présidentielle de 2010, avec le score que l’on connait, s’invite aussi dans ce débat dit de  »corruption ». Le ciel est-il tombé sur la tête des opposants togolais ? Depuis combien de temps lui et son machin de SURSAUT-TOGO se sont encore intéressés à la vie des Togolais? 

Depuis plus d’une année que les Togolais luttent contre la Covid19, qu’ont fait ces acteurs de l’opposition à leurs compatriotes ? Un masque, un carton de gel hydro alcoolique, un message de soutien ? De toute façon, le peuple togolais sait reconnaitre les siens. Il leur a fait comprendre maintes fois, mais ces opposants s’entêtent. Bonne chance à eux.

Tout compte fait, il apparait clairement que n’ayant plus que des menus fretins à grignoter, les partis politiques de l’opposition et ceux dont le progrès du Togo dérangent, ont trouvé une occasion pour se faire entendre. Sur cette affaire, la sagesse aurait voulu qu’ils se taisent, comme l’a fait l’ANC qui, tout comme le CAR, savait déjà à quoi s’en tenir.

Cette affaire, de toute évidence, révèle l’oisiveté dans laquelle végètent nos partis de l’opposition depuis décembre 2018. Etant privés de tribune politique pour s’exprimer, du fait de leur propre turpitude, ils sautent sur toutes les occasions, même les plus insignifiantes, pour se rappeler aux souvenirs des compatriotes. C’est affligeant à la fin…

On ne cessera jamais de rappeler que ce désert politique au sein de l’opposition n’est à l’avantage de personne, même pas du parti au pouvoir. Elle a sa place dans l’espace politique du pays et doit jouer son rôle : former politiquement les citoyens pour un enracinement de la démocratie.  La posture adoptée sur des actualités comme celle dont ils nous ont servie la semaine dernière ne les honore pas. On n’est pas obligé de jouer les pitres pour flatter l’égo de quelques poignées de militants et de l’opinion nationale. Les enjeux sont ailleurs mais on ne les entend pas.

Nous voici déjà dans la troisième année de la 6è législature. Le temps passe tellement vite. Les connaissant, ils se réveilleront à la veille du prochain scrutin pour aligner une ribambelle de revendications qui n’emporteront l’adhésion de personne. Et les mêmes causes produiront les mêmes effets. Et le cycle infernal se poursuivra.

On a envie de dire : « Messieurs réveillez-vous ! ». Ce qui rassure un peu, c’est l’attitude de l’ANC qui ne veut plus se comporter en  »enfant gâté’‘ de la politique et faire encore la compagnie des amuseurs publics. On croise les doigts pour qu’elle finisse sa mue pour une vie politique digne de ce nom au Togo. Sinon, pour le moment, ce n’est que du cirque.

Ali SAMBA, IN LE MEDIUM n°439 du 09 au 15 mars 2021.

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