COVID-19 : Un New Deal sollicité par les pays africains

Un vaccinodrome à Lomé.

Ça va mieux sur le front de la lutte contre le Covid au Togo. Le nombre de cas actifs oscille entre 150 et 200, bien loin des pics du millier que le pays a connu il y a quelques semaines. Les efforts se poursuivent avec la vaccination et l’observation des mesures barrières, même si on remarque un laxisme des populations.  Ce qui est intéressant, c’est l’engouement qu’on note pour la vaccination. On se rappelle des intoxications propagées par les réseaux sociaux sur la nocivité des vaccins contre le Covid et les appels à la population de ne pas accepter se faire vacciner. Les plus conscients se sont pliés à la demande du gouvernement et en sont à leur deuxième dose.

Selon le coordonnateur de la riposte contre la maladie, le colonel Djibril Mohaman, ils sont, actuellement, plus de 70.000 à être vaccinés pour la deuxième fois. Le nombre de ceux qui ont eu la dose s’élèvent à plus de 300.000. Les vaccins sont arrivés dans les régions et préfectures du pays, pour que les habitants de ces localités soient servis.  Après quoi, on reprendra pour ceux qui se sont inscrits pour les premières doses. Le pays dispose de 200.000 doses de Sinovac et de plus de 100.000 doses de Pfizer.  D’autres doses sont attendues, notamment; celles promises par les Etats-Unis pour les pays africains.  Le Togo trouvera forcément sa part dans les 500 millions de doses annoncées par Joe Biden. Plus d’un milliard de doses selon la promesse du G7.

Le Togo ont bénéficié des lots de vaccins anti covid grâce au COVAX…

De toute façon, la volonté du gouvernement de vacciner le maximum des Togolais est manifeste, comme l’a exprimé le coordonnateur du CNGR. « Grâce aux mécanismes Covax et Avatt [African Vaccine Acquisition Task Team], des centaines de millions de doses seront livrées sans délai en Afrique dans les prochains mois. Le partage de doses de vaccins, précommandées, est engagé, via les canaux multilatéraux. C’est un acquis important, qui permettra de protéger en priorité les soignants », reconnaissent des chefs d’Etats africains, dont Faure Gnassingbé, qui ont signé une tribune à cet effet.

Le volet économique de cette pandémie n’est pas oublié par ces dirigeants qui s’inquiètent des conséquences sur la croissance de leur pays. « En un an, la pandémie a interrompu une dynamique de croissance qui s’était installée depuis vingt-cinq ans, désorganisé des chaînes de valeur et provoqué une recrudescence sans précédent des inégalités et de la pauvreté », relève les chefs d’Etat africains, reconnaissant que l’Afrique ne dispose pas des instruments pour se relever d’un tel choc, aussi massif qu’imprévu. Ils pointent du doigt les limites de la solidarité actuelle de la communauté internationale.

« Alors que le Fonds monétaire international (FMI) estime que les pays africains auront besoin de 285 milliards de dollars [environ 234 milliards d’euros] de financements additionnels d’ici à 2025, il n’existe ni plan de relance, ni mécanisme de création monétaire en vigueur pour mobiliser de telles ressources. En d’autres termes, alors que d’autres régions entrevoient un relèvement rapide de leurs économies, l’Afrique ne lutte pas, à armes égales, face à la pandémie et le risque existe qu’une crise économique et sociale ne lui permette pas d’offrir à sa jeunesse les opportunités qu’elle est en droit d’attendre », dénoncent-ils.

Il faut reconnaitre que les mécanismes sur lesquels les pays africains ont fondé pendant plusieurs décennies cette solidarité trouvent aujourd’hui leurs limites. Ils sont fragilisés à court terme par l’urgence vaccinale et le risque d’une inégalité massive dans l’accès au vaccin. Ils sont fragilisés par le risque d’une grande divergence économique qu’aucun mécanisme d’urgence ne semble en mesure d’enrayer. « C’est pourquoi le moment est venu de nous projeter dans un cadre nouveau, dont l’ambition et l’audace doivent être comparables à celles d’un « New deal » », lit-on dans la tribune. Les pays africains demandent au FMI d’expertiser l’utilisation des droits de tirage spéciaux (DTS) pour financer ce plan de lutte contre la pandémie.

En outre, la déclaration de Rome du sommet mondial, qui s’est tenu le 21 mai, confirme que l’élément déterminant pour combattre les pandémies à venir consiste à transférer, non seulement les licences, mais également le niveau d’expertise aux producteurs de vaccins des pays en développement. Dans l’attente de la conclusion d’un accord sur la propriété intellectuelle en cours de négociation à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Afrique doit être capable de produire des vaccins utilisant la technologie à ARN messager et de conclure un accord, au sein de l’OMC, sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC). Grâce à l’impulsion du sommet de Paris pour les dirigeants africains, européens et financiers, qui s’est tenu le 18 mai, des partenariats de production de ce genre vont être financés et vont prendre de l’ampleur dans les mois qui viennent. Santé, éducation et changement climatique.

In LE MEDIUM n°453 du 15 au 21 Juin 2021

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