Les nouvelles simagrées de l’ANC

Jean-Pierre Fabre, président de l'ANC.

C’est le contraire qui aurait étonné. Les plus pessimistes sur la Concertation Nationale des Acteurs Politiques (CNAP) attendaient patiemment cette sortie du parti de Jean Pierre Fabre.  Car, connaissant les habitudes de la maison orange, on ne peut que s’attendre à cette sortie plus ou moins inattendue.  Dans le fond, rien d’étonnant du message de l’ANC qui annonce qu’elle se verra contrainte de ne pas s’associer au semblant de consensus qui se dessine contre son gré.

Dans son escarcelle de revendication, la vieille rengaine des réformes de la CENI et du cadre électoral en général. Et comme toujours, l’ANC veut que ses desideratas s’imposent à la majorité des participants à cette concertation. Dans sa lettre adressée au ministre de l’administration territoriale, Jean-Pierre Fabre écrit ceci : “le rejet par le gouvernement des mesures qui, à l’évidence, doivent contribuer à la transparence des élections et empêcher la fraude, confirme, une fois encore, le manque total de volonté du pouvoir en place, d’assainir le cadre électoral de notre pays”.

L’ANC, qui a saisi l’occasion de ces discussions pour réitérer clairement ses préoccupations qu’elle a fait inscrire à l’ordre du jour, a vu rejeter, parce que jugées irrecevables par le gouvernement, les propositions conséquentes, visant notamment la transparence et l’équité des consultations électorales. On a l’impression du déjà entendu, n’est-ce pas ? Mais il faut dire que ce n’est pas cela qui est le problème. Comme dirait l’autre, on en a l’habitude.

L’inquiétude, s’il y en avait une, c’est le sentiment que l’ANC veut manifestement plomber les discussions au sein du CNAP et mettre la pression sur les autres participants. Sinon, comment comprendre qu’elle ne veuille pas de ce  »consensus » qu’elle qualifie de semblant.  Qui est-elle pour vouloir s’imposer aux autres participants à la CNAP ? A l’heure actuelle, l’ANC vaut-elle mieux que les autres qui sont autour de la table ? Avec ses 4% obtenus lors de la présidentielle de l’année dernière et son absence à l’Assemblée nationale, l’ANC ne peut se prévaloir d’aucune représentativité pour vouloir s’imposer à la CNAP. Le rapport de force n’est pas à son avantage, du moins pour le moment.

On peut comprendre la hantise du parti  »orange  » de recevoir une raclée de plus lors des élections régionales. De plus, si elle a participé à la présidentielle de 2020, qu’est ce qui a pu bien changer en 12 mois pour qu’elle ne veuille plus des règles sur la base desquelles elle était partante pour le scrutin de 2020? Le monde change et les Togolais aussi. La gifle que les filles et fils de ce pays lui ont administrée, démontre qu’ils ne se laissent plus avaler des couleuvres.

Les contorsions politiques sur la composition de la CENI 7+7+2+1 ne trompe personne (de plus la composition actuelle de la CENI est 5+5+3+3+1). Quand cela l’arrangeait en 2015, l’ANC y avait envoyé ses délégués qui se sont illustrés de la manière que nous connaissons. C’est cette même CENI qui lui a assuré plus d’une centaine de délégués municipaux dans tout le pays.  » Il y a donc lieu d s’interroger sur les raisons réelles de la tenue des discussions en cours, si ces dernières ne doivent pas aboutir à l’assainissement du cadre électoral et à l’apaisement du climat politique « , écrit l’ANC. On est tenté de répondre que si elle n’est plus intéressée, qu’elle libère le plancher.

D’autres formations politiques l’ont fait. Le pays ne s’en porte pas mal. Les défis actuels, auxquels fait face le gouvernement pour assurer le bien-être de la population, est immense pour qu’il perde encore du temps sur des sujets de ce genre.

Si l’ANC n’est plus contente de souper à la table du dialogue parce que ses positions ne sont pas les bienvenues, elle peut aller voir ailleurs. Ceux qui vont rester et dont le souci est de permettre l’élargissement de la gouvernance locale dans notre pays, poursuivront le travail. Comme dirait l’autre, si les ingénieurs de la station de cap Canaveral aux USA devraient attendre la venue des extra-terrestres sur terre, ils n’enverraient jamais de satellites sur Mars. L’ANC peut se retirer. Et c’est son droit. Le consensus sur les questions majeures sera trouvé par ceux qui restent qui n’en sont pas moins important que l’ANC. La surenchère a assez duré. La DMK a posé ses conditions. Elle n’est pas au CNAP. Les Togolais ne se portent pas mal. Il en sera ainsi pour l’ANC, le jour il décidera officiellement de quitter le CNAP. On verra bien si le ciel tombera  sur la tête des Togolais.

Ali SMABA, In LE MEDIUM n°453 du 15 au 21 Juin 2021

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