CRISE DANS L’ÉDUCATION : Quand le ministre Bawara sauve les meubles et le pouvoir UNIR

Le ministre Gilbert Bawara, grand artisan de l'accalmie dans le secteur éducatif...

« Éviter l’escalade ! » Tel était notre alerte dans un de nos articles sur la crise que traverse le secteur éducatif. Mais contre toute attente, la sortie du ministre Professeur agrégé de droit sur la télévision nationale, n’a pas contribué à apaiser les tensions. Au contraire, elle n’a fait que renforcer la volonté d’un camp, celui de l’autorité,  à en finir avec l’autre. Alors que des  têtes sont tombées faisant monter le mercure dans le thermomètre,  les syndicats des enseignants, loin de se rétracter, ont décidé d’affronter leur ministre de tutelle, en reconduisant le mouvement de débrayage pour les 10 et 11 novembre 2021. Bref, tout était fin prêt pour que le brasier s’emballe… Mais il a fallu un grand Gilbert Bawara, ministre de la Fonction publique, du travail et du dialogue social, pour désamorcer cette bombe sociale qui devrait, si elle explosait, avoir des conséquences regrettables pour le pays car, tout était visiblement prêt.

A la question de savoir jusqu’où ira ce bras de fer entre le ministre Dodzi Kokoroko, en charge des enseignements primaire, secondaire, technique et de l’artisanat, et la Fédération des Syndicat de l’éducation nationale (FESEN), bien malin celui qui allait espérer un dénouement heureux de cette situation qui était presque qu’une poudrière. D’ailleurs plus d’un millier de chefs d’établissement étaient passés déjà à la trappe et d’autres enseignants n’attendaient que leur tour.

La pause dans le duel Dodzi Kokoroko et la FESEN (SGde la FESEN, Senou Hounssimé)

La reconduction par la FESEN du mouvement de débrayage les 10 et 11 novembre 2021, était le signe palpable que les syndicats des enseignants n’avaient que faire des menaces et autres sanctions de leur ministre de tutelle. Les syndicats des enseignants de la Région des Savanes avaient même devancé les choses, en organisant, depuis lundi 08 novembre dernier, une cessation pur et simple des travaux dans cette région du nord-Togo, communément appelé le ‘’sixième continent’’. Bref, les éléments d’un mouvement social chaud-bouillant étaient tous réunis pour marquer la désapprobation des syndicats des enseignants face au durcissement de ton du ministre Dodzi Kokoroko.

Face à ces positions tranchées des uns et des autres qui n’auguraient aucunement des lendemains meilleurs dans le secteur de l’éducation, et partant au pays en ce moment de crise sanitaire qui a contribué à mettre à mal, les liens sociaux déjà fragilisés, il fallait un signe des grands dieux pour sauver le pays des griffes de l’enfer.

Et la fumée blanche est venue du ministre de la Fonction publique, du travail et du dialogue social, Gilbert Bawara qui, dans une correspondance en date du 08 novembre 2021 adressée aux responsables de la FESEN, a étalé toute sa classe de grand négociateur. Le ministre Bawara a annoncé « des dispositions diligentes sont d’ores et déjà prises pour accélérer la recherche de solutions idoines aux préoccupations du secteur de l’éducation ». Cette démarche louable a eu pour effet de désamorcer la ‘’bombe sociale’’ qui était prête à exploser au visage des autorités du pays.

Comme pour se satisfaire du changement de ton, la FESEN suspend in extrémis la reconduction de la grève pour les 10 et 11 novembre, pour montrer « sa bonne foi », sans pour autant baisser la garde car, la base « reste toujours mobilisés pour toutes éventualités ». La FESEN exige cependant la réhabilitation de tous les directeurs et directrices déchus du préscolaire ainsi que du primaire, et la communication des modalités de jouissance effective de la gratification exceptionnelle au plus tard le 25 novembre prochain.

Commentaire…

A première analyse, la diplomatie du ministre Gilbert Bawara opposée à la fermeté de son collègue Dodzi Kokoroko, a permis de sauver le pays d’une crise sociale sans lendemain.  

Selon des analystes de la scène politique togolaise, la ‘’méthode Kokoroko’’, à suivre de près, relève d’une pure stratégie politique visant à affaiblir les positions du parti au pouvoir dans son propre fief du Nord-Togo. Et opposer les militants, la base, à leurs représentants, et partant au leader du parti, parait une stratégie ingénieuse trouvée par les adversaires politiques du pouvoir UNIR, soulignent certaine sources bien informées.

En effet, relèvent ces sources, vue la mauvaise implantation des partis de l’opposition dans le septentrion, et vue les contraintes de terrain, il est impensable de voir un parti X venir battre campagne et remporter dans les urnes dans cette partie du pays. En créant, de toute pièce, un conflit interne au parti au pouvoir, cela parait une stratégie efficace pour voir les farouches militants UNIR, tourner le dos à leur champion au dernier moment car, le parti n’aurait rien fait pour eux quand le minimum leur a été injustement arraché. Ainsi, notent ces sources, connaissant le rôle combien important que joue les enseignants sur le terrain, notamment dans la mobilisation de la base, il est alors très important de les avoir avec soit que le contraire.

Cette analyse trouve tout son sens quand on sait que la majorité des chefs d’établissements déchus de leur fonction, soit plus de 600 sur les 1200, sont issus de la région des Savanes par exemple. Quelques 300 autres chefs d’établissements sont parsemés dans les régions du Centre et des Plateaux où le parti au pouvoir se vantait, dans un passé récent, d’avoir réussi à se réinventer une nouvelle image auprès des populations de ces zones.

Si l’on s’en tient à cette rhétorique de ces analystes, Monsieur le Professeur agrégé de droit, quoi qu’on le sache proche du Chef de l’État, puisque étant au gouvernement, aurait  un agenda caché, tant ses agissements ces derniers moments relèvent d’une stratégie politique visant à nuire qu’à servir le chef de l’Etat.

JPB

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