TOGO /1er MAI 2022 : Le cahier de doléances des syndicats ne pèse pas lourd

Les échanges entre le Gouvernement et le Patronat, le 1er Mai 2022.

Comme les deux années précédentes, il n’y a pas eu de défilés ou de rassemblements des centrales syndicales comme le veut la tradition. On avance la pandémie du coronavirus et la crainte de contamination en masse. Soit !

Doléances

Mais à regarder de près le cahier de doléances de cette année des syndicats, on est déçu. D’habitude, c’est toute une litanie de revendications de tous ordres que renferme le cahier de doléances.  Celui de cette année ne referme que 5 doléances ou revendications :

– Les organisations syndicales sollicitent plus de moyens, afin de mieux prendre en main les problèmes de l’éducation et la santé à travers une éducation ouvrière approfondie ;

– Les retraités de la fonction publique expriment leur frustration quant à la catégorisation de fait dans le règlement des indemnités de départ à la retraite. Nous demandons que le paiement de ces indemnités de départ à la retraite soit harmonisé;

-Les confédérations syndicales, quand bien même elles saluent l’élargissement de la couverture santé pour tous, s’estiment écartés du processus, l’élaboration des textes n’ayant pas été l’œuvre du Conseil d’administration, leur révision ne saurait se faire avec leurs seuls représentants au Conseil d’administration de l’institution ;

-Les dockers professionnels du port autonome de Lomé notamment  ceux affectés à la LCT, de même que les travailleurs employés par les églises et bien d’autres travailleurs du secteur privé, continuent  d’exercer en marge de la législation du travail. La révision peu consensuelle du Code du travail n’a fait qu’aggraver leurs situations : en témoigne le nombre de licenciements depuis la promulgation de ce nouveau texte ; « enfin, les centrales syndicales ont acté les mesures gouvernementales pour atténuer la cherté de la vie. Toutefois, ces mesures restent partielles et insuffisantes. Les approches de solutions doivent aller plus loin, jusqu’au relèvement des pensions, surtout des salaires », a fait savoir Sénouvo VISSEKOU, le porte-parole des centrales syndicales.

Voilà donc les doléances syndicales.

Écoute et dialogue

A l’analyse, on a l’impression que c’est parce qu’il faut présenter quelque chose à l’occasion du 1er Mai que ces revendications ont été édictées par les syndicats. Sinon…  Et c’est tant mieux pour le travailleur togolais car, cela veut dire que le gouvernement est à l’écoute du front social et qu’il satisfait aux revendications du monde du travail.

C’est ce que le ministre de la fonction publique et du travail, Gilbert Bawara,  a rappelé lors de la rencontre du Comité National du Dialogue Social ce 1er Mai. Il aurait voulu que le peuple togolais voit la sérénité qui régnait dans la grande salle de SAZOF, indiquant que le gouvernement a toujours privilégié le dialogue et la concertation.

« J’ai demandé aux ministres concernés de maintenir les discussions avec les partenaires sociaux pour relever les défis qui subsistent. C’est le lieu de saluer les accords intervenus récemment, qui s’inscrivent dans la dynamique de concertation que nous encourageons.

Dans cet esprit, les attitudes de défiance à l’autorité, de non-respect des textes et de troubles à l’ordre public sont à proscrire. Le gouvernement y veillera avec fermeté. J’invite donc tous les acteurs sociaux à utiliser les voies légales, à privilégier le dialogue et à éviter les violences », disait Faure Gnassingbé lors de son discours à la Nation du 27 Avril dernier.

C’est pourquoi, le gouvernement continue d’exhorter les organisations syndicales des travailleurs à être attentives aux respects des lois et des règlements pour s’assurer que le dialogue est beaucoup plus structuré et plus positif. « Nous envisageons, avant la fin du mois de Mai, un forum sur le syndicalisme et le dialogue social.  Ce forum se tiendra à l’intérieur du pays, il bénéficiera de la participation et de la contribution des bureaux de l’OIT à Abidjan et à Dakar, ainsi que la présence d’une délégation du BIT à Genève. Nous avons constaté qu’en matière de liberté syndicale, qu’en matière de liberté de droit de grève, il y a sans doute, beaucoup de travailleurs qui agissent en méconnaissance. Nous allons nous retrouver, avec les experts pour échanger sur ce que c’est que le syndicalisme, la liberté syndicale, l’exercice du droit de grève. Nous allons convier les centrales syndicales, mais aussi les syndicats du secteur de l’éducation et de la santé, même d’autres secteurs de l’économie togolaise sans oublier les organisations professionnelles des employeurs », a laissé entendre le ministre de la fonction publique, Gilbert Bawara.

Selon Gilbert Bawara, le gouvernement est en train de réfléchir pour encourager le comité de suivi et d’évaluation mis en place afin que ce comité de suivi puisse prendre des initiatives au niveau de chaque région, aller à la rencontre des acteurs du système éducatif  et permettre au gouvernement à cette occasion de rappeler les nombreuses mesures qui ont été déjà prises pour assurer, la réforme et la modernisation de notre système éducatif et également pour répondre aux préoccupations et aux revendications des enseignants. Car, des efforts, le gouvernement en a fait.

Actions…

Les centrales syndicales l’ont reconnu dans leur cahier de doléances. On y lit :  les confédérations syndicales se félicitent que le gouvernement se soit investi et ait engagé des discussions courageuses dans les secteurs de l’éducation et de la santé ; ait imprimé une dynamique aux questions d’allocations de départ à la retraite dans la fonction publique ; se soit engagé dans l’extension de la couverture  maladie à tous ; ait regardé de près les nombreux  problèmes liés à la non application de la législation sociale dans la plupart des entreprises et sociétés privées et enfin qu’il ait prêté oreille aux cris  de détresse des travailleurs et leurs familles secouées par l’augmentation insoutenable  de la cherté de la vie.

Le patronat n’est pas du reste : au niveau du gouvernement nous notons l’adoption du nouveau code de travail, l’institution de la couverture maladie universelle, la dynamisation du cadre de concertation Etat-secteur privé dont la cellule exécutive a été mise en place sous la responsabilité d’un directeur exécutif, l’allègement des taxes et faits divers sur les produits de consommation courante afin de lutter contre la vie chère ; divers soutiens au secteur privé ; facilitation de l’accès au crédit à travers le FNFI ; l’ouverture de nouveau centre technique et professionnel, les IFAD afin de mettre à la disposition des employeurs, les compétences de haut niveau dont ils ont besoin ; la restructuration du CERFER pour en faire un centre d’excellence.

« Le secteur privé togolais salue tous ces efforts du gouvernement pour améliorer les conditions de vie des travailleurs d’une part et d’autre part, à assurer l’amélioration du climat des affaires. Il se réjouit des récentes mesures prises par le chef de l’État en vue de lutter contre la vie chère à laquelle sont confrontés tous les Togolais. Nous voulons encourager le gouvernement à en faire davantage. Nous estimons donc à ce propos qu’il pouvait donner au secteur privé, plus de moyen pour son épanouissement et dans son émancipation en vue de lui permettre de contribuer plus efficacement à la lutte contre la vie chère au profit des autorités publiques », a dit Laurent Tamégnon, le patron des patrons du Togo.

Avec tout ce qui vient d’être constaté par tous les acteurs sociaux, on comprend que les élucubrations des membres du syndicat des enseignants du Togo (SET) n’aient pas trop de supporteurs dans le rang des syndicats. Selon certaines discrétions, ils commencent par rentrer dans les rangs.

Au bonheur ! L’espoir nourri est que le 1er Mai 2023, le cahier de doléances soit encore plus léger que celui de cette année. Le gouvernement doit s’y atteler dès maintenant. C’est le bonheur des Togolais qui compte.

In LE MEDIUM n°499 du 03 au 09 Mai 2022

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