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Un émissaire du gouvernement, en l’occurrence le ministre du Commerce, de l’industrie et de la consommation locale, Adédzé Kodjo, était l’invité de la fenêtre « Rendez-vous avec le Gouvernement ». Au menu de cet entretien exclusif, les grandes initiatives du Gouvernement togolais pour promouvoir davantage le «Made In Togo», mais aussi et surtout, les mesures prises par l’exécutif pour soutenir le pouvoir d’achat des consommateurs togolais. Il revient notamment sur les subventions de l’État sur le gaz butane et les produits pétroliers…

Lisez plutôt…

1- Question d’actualité pour commencer. La rentrée scolaire, c’était ce lundi. On a entendu beaucoup de parents grincer les dents, ou se gratter la tête devant les étalages des fournitures scolaires, les prix des cahiers sont chers. Est-ce qu’un contrôle sur les prix des fournitures a été quand même effectué par vos services compétents ?

Permettez-moi au prime abord que je puisse, au nom du Gouvernement, réitérer nos souhaits de bonne rentrée scolaire 2022-2023 à nos enfants-élèves, au corps enseignant, et à nous-mêmes parents d’élèves.

Que la nouvelle année scolaire soit la plus paisible et sécurisée possible pour le bien de tous et surtout de nos enfants, relève de demain.

Le contexte actuel est difficile pour tous. Notre pays le Togo n’est pas épargné. Ayons tous du courage.

Il faut rappeler que le commerce au Togo est libéralisé, mais strictement encadré par la loi n°99-011 du 28 décembre 1999 portant organisation de la concurrence au Togo.

S’agissant des articles scolaires, en ce début d’année scolaire 2022-2023, le Gouvernement, dans sa logique d’encadrer les prix et d’éviter la spéculation, a tenu une séance de travail en amont avec les importateurs. Il était question de vérifier les marges de ceux-ci dans leur relation avec les grossistes et des grossistes avec les détaillants.

Cette démarche a permis à notre ministère d’identifier le niveau des prix pratiqués déjà sur toute l’étendue du territoire.

Dès l’annonce des dix mesures additionnelles en vue de l’atténuation de l’inflation, sous les hautes orientations du Chef de l’État, le Ministère dont nous avons la charge a plafonné les prix des articles scolaires préalablement relevés sur les marchés des différentes régions afin d’éviter toute spéculation.

Afin de renforcer les mesures de plafonnement, des contrôles inopinés et systématiques des inspecteurs et contrôleurs de commerce ont lieu sur toute l’étendue du territoire en vue de s’assurer du respect de ces prix.

Il est également mis à la disposition du public, le numéro vert « 8585 » pour dénoncer tout abus.

A ce jour, nous notons avec satisfaction des ventes en dessous des prix plafonnés sur certains points et tenons à féliciter les détaillants.

2- Face à l’inflation, au coût de la vie en général, le Chef de l’Etat a pris des mesures. Des annonces ont été faites. Beaucoup de togolais ont accordé une grande attention aux subventions sur le gaz et l’essence. Va-t-on acheter le gaz et le carburant moins chers dans les jours à venir puisque les mesures sont d’application immédiate ?

Qu’en est-il des rumeurs d’une éventuelle nouvelle augmentation ? Vous voudriez bien rassurer les Togolais que cela n’arrivera pas ?

La subvention des produits pétroliers et du gaz en faveur des consommateurs se poursuivra selon les mesures additionnelles annoncées le 16 septembre 2022 par le Gouvernement.

Il faut tout de même noter que pour une prévision de subvention de 7,8 milliards sur le carburant et de 1,6 milliard sur le gaz, inscrite au budget de l’année 2022, au 31 août déjà nous avons connu un dépassement pour s’établir à 41 milliards de FCFA sur le premier produit et de 5,4 milliard sur le second produit.

Les prix à l’international du pétrole et du gaz étant en hausse continue, doublés du coût du dollar qui s’établirait aujourd’hui à près de 700 FCFA, le Gouvernement a mis en place, en guise de sécurité et d’équilibre budgétaire, une dotation supplémentaire des lignes subvention gaz et pétrole afin de stabiliser les prix et faire face à toute éventuelle augmentation au cours de l’année.

Ainsi donc pour l’instant, aucune augmentation n’est envisagée.

Enfin, nous rappelons que l’augmentation ou la baisse des prix des produits pétroliers et du gaz n’interviennent pas sur la base des rumeurs, mais par actes du Gouvernement.

A cet effet, les prix pratiqués actuellement se présentent dans les tableaux suivants :

3- Comme alternative par exemple au coût du blé, les togolais commencent par produire du pain à base de produits locaux, soja, maïs, manioc. Comment est-ce que vous accompagnez ces initiatives ? Le pain va bientôt coûter moins cher ?

  • La forte volonté politique de soutien à l’utilisation des farines locales panifiables dans la fabrication du pain avec l’engagement réaffirmé par Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE lors du deuxième Forum économique, tenu les 21 et 22 juin 2022 à Doha au Qatar ;
  • La note circulaire NR 002/20/PM/CAB du 07 octobre 2020 signée par Madame le Premier Ministre relative à la promotion de la consommation locale ;
  • Des accords de partenariat en cours de négociation afin d’encourager l’approvisionnement en pains produits à base de la farine locale panifiable ;
  • L’adoption de l’arrêté interministériel n°159/19/MAPAH/MSHP/MCIDSPPCL du 1er octobre 2019 portant fixation du taux d’incorporation de farines de produits locaux dans la farine panifiable ; 
  • La formation de 500 boulangers et boulangères à la fabrication du pain à base des farines locales panifiables sur toute l’étendue du territoire nationale.

Toutes ces initiatives visent à rendre disponibles le pain et ses dérivés à tout moment et sur toute l’étendue du territoire national.

De même, l’utilisation accrue des farines locales panifiables va faire dépendre de moins en moins la fabrication du pain et de ses dérivés de la farine du blé. Nous pourrons alors nous attendre à la baisse du prix du pain.

4- Monsieur le Ministre, c’est un constat, les produits togolais ont une faible capacité de pénétration du marché. Qu’est-ce qui explique cette lenteur ?

Doit-on encore travailler plus sur la qualité, le prix ? Quelle solution pour booster la production locale ? Et où en sommes-nous avec le processus de mise en place d’un label qualité au Togo, indispensable à l’exportation des produits de notre pays ?

S’agissant des questions liées à la compétitivité et à la qualité, il faut dire que la haute autorité de la qualité et de l’environnement (HAUQE) est en train de travailler là-dessus sur nos instructions afin de promouvoir la compétitivité des entreprises togolaises et faciliter l’accès de nos produits aux marchés.

Par ailleurs, le processus de certification de 50 produits togolais est en cours actuellement par la HAUQE afin de mettre en place un label qualité national.

Il faut également rappeler que des produits notamment Kari Kari et Africube sont déjà sur le marché international. Nous travaillons pour que d’autres produits y soient également.

5- Le mois du consommer local, c’est dans quelques jours. Monsieur le Ministre, au regard de l’expérience de l’année dernière, avez-vous le sentiment que l’esprit « consommer local » habite le togolais ? Sinon, que faire pour vraiment encourager la consommation locale ?

La promotion de la consommation locale est un processus continu et progressif. Nous espérons pouvoir y arriver au regard des initiatives prévues par le Gouvernement en collaboration avec le Secteur privé surtout les TPME à cet effet.

Les conclusions des enquêtes réalisées soulignent une augmentation de 40% du chiffre d’affaires des promoteurs interrogés suite à la célébration des deux premières éditions du mois du consommer local.

Pour renforcer davantage la consommation des produits locaux les actions suivantes sont en cours de réalisation :

  • la finalisation de la stratégie de la consommation locale
  • la digitalisation du hall consommer local du ministère du commerce, de l’industrie et de la consommation locale.

Pour y arriver, il faut une profonde prise de conscience et un changement de paradigme de tous les citoyens togolais. 

6- Des acquis à capitaliser pour cette nouvelle édition ?

R6 : Ces acquis peuvent s’articuler autour des points suivants :

– la notion de consommation locale est en marche mais des défis restent à relever ;

– nous saluons la réforme institutionnelle du ministère avec la création et l’opérationnalisation de la direction dédiée à la consommation locale ;

– la volonté politique de promouvoir davantage la consommation locale.

7- D’aucuns disent que consommer togolais, ce n’est pas que de produits, ça doit aller aussi à la valorisation des compétences nationales. Qu’en pensez-vous ?

Absolument. Le consommer local est une notion qui concerne non seulement les biens, mais aussi les services.

La notion du consommer local devra être comprise de façon holistique.

Il faut noter que le Gouvernement s’active à la valorisation des compétences locales. C’est ainsi que l’application « Nam Asia » qui est une plateforme de communication sur les prix plafonnés par le Gouvernement de même que la plateforme digitalisée du hall consommer local pour renforcer la visibilité des produits Made In Togo et offrir la possibilité de passer des commandes, payer en ligne et de se faire livrer, sont des applications conçues par nos compatriotes.

C’est dire que la consommation locale ne concerne pas que les biens mais aussi les services.

8- Parlons, Monsieur le Ministre de l’industrialisation.

PIA vient de mettre sur le marché les 1ers produits textiles, jean, t-shirt. Quelle appréciation faites-vous de ces produits ?

Ces t-shirts, jean et autres sont produits à base du coton togolais, est-ce que le Togo va continuer par exporter son coton ou vous avez pensé déjà à une transformation à grande échelle ici chez nous ?

Le centre de formation en métiers du textile et de l’habillement a démarré.

1000 de nos jeunes sont actuellement en formation dans ce centre qui participe à ce que nous appelons le « perfectionnement actif ».

Il s’agit de la transformation des tissus importés dans une première phase en vêtements dont les premiers articles sont déjà visibles mais non encore mis sur le marché.

Il faut noter que le Gouvernement en collaboration avec PIA entend créer une véritable chaîne de valeurs complète sur le secteur coton intégrant la filature, le tissage et la confection.

La formation de ces jeunes est une bonne anticipation pour le renforcement de capacités de nos jeunes dans le cadre de la mise en œuvre d’une industrie de textile et de l’habillement dans notre pays.

9- De PIA sortent déjà aussi de motos électriques visibles en ville, des scooters verts. Est-ce que c’est une solution, du moins une alternative au carburant ?

La mise des motos électriques sur le marché s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de contribuer à la protection de l’environnement.

Le Gouvernement veut faire sa part en accordant des autorisations aux investisseurs de ce secteur en vue de donner une place de choix à l’industrie de l’automobile verte.

10- Quel message pour les togolais en ce temps de vie chère ?

J’invite les togolaises et togolais que nous sommes à soutenir les initiatives du Gouvernement en adhérant massivement aux mesures d’atténuation de l’inflation, surtout les dix (10) dernières.

  • Adoptons le slogan suivant : « Tous contre la spéculation » afin de vaincre et vivre ensemble.
  • Plus de patriotisme et de solidarité en faveur de nos frères et sœurs les plus vulnérables.

Nous aurions ainsi contribué dignement à la préservation de la paix et de la sécurité en faveur de notre cher pays le Togo.

Source : commerce.gouv.tg

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