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Déposé du pouvoir au Burkina Faso par ses frères d’armes, le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba  n’a eu la  vie sauve qu’à travers l’hospitalité de Lomé comme ce fut le cas pour Ange-Felix Patassé, le Maréchal Mobutu Séssé  Seko et Henri Konan Bédié. Cet acte humanitaire réaffirme la stabilité, la paix et le pays d’accueil que constitue le Togo. Ce noble statut que nul ne peut denier n’est pas le fruit du hasard, mais plutôt un choix politique et un engagement des premiers responsables du pays depuis le père de la nation jusqu’aux dirigeants actuels.

A propos de la paix au Togo, l’ancien président de la République feu Général Ggnassingbé Eyadéma y attachait du prix et faisait tout son possible pour éviter la guerre et l’instabilité car disait il « on sait quand ça commence mais on ne sait jamais  quand ça finit». Pour y parvenir le père de nation avait axé sa gouvernance d’une part, sur le dialogue inclusif, la concertation, la justice sociale et d’autres part, sur une armée républicaine, loyale, neutre et disciplinée. Ces acquis ont été redynamisés et renforcés, par la politique de paix prônée par le président Faure. C’est ainsi que depuis des années 1980 jusqu’à nos jours, le Togo est devenu  un rempart pour les chefs d’État pourchassés ou renversés du pouvoir.

En effet, le Togo  reste le pays qui a le plus accueilli  des présidents déchus du pouvoir en Afrique. Visiblement le premier lieu sûr qui vient dans la tête des chefs d’État en insécurité est sans doute le pays de Faure Gnassingbé pour sa sécurité et sa quiétude.

Dans leur volonté et engagement d’aider à éteindre le feu des cases des voisins qui brûlent, les plus hautes autorités du Togo n’hésitent pas à voler au secours des présidents en difficulté sécuritaire en leur ouvrant les portes de notre paisible pays. C’est dans ce sens que sur sa demande l’ex-président nigérian Yakubu Gowon a été au Togo comme réfugié.

Ecarté par un groupe d’officiers en juin 1975 alors qu’il représentait son pays le Nigeria à la Conférence de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) à Kampala, Yakubu Gowon a été exilé un bon moment au Togo avant de s’installer au Royaume Uni. Il est donc le premier Chef d’Etat évincé de son rang à s’exiler au Togo.

Pour le Centrafricain Ange-Felix Patassé qui a été accepté par deux fois à bras ouverts par le Général Eyadéma. D’abord de 1982 à 1992, opposant d’alors, Patassé a retrouvé refuge  à  Lomé sur la pression du Général André Kolingba puis en mars 2003 où il y retournera une seconde fois avec sa famille exilés après être déposé du pouvoir par un putsch dirigé par le général François Bozizé. Déchu du pouvoir après plus de 30 ans de règne le 16 mai 1997 par Laurent Désiré Kabila  le président maréchal Mobutu Séssé Séko surpris par des tirs nourris des assaillants, a dû quitter précipitamment Gbadolite à bord d’un avion-cargo qui a essuyé des coups de feu des soldats rebelles, qui tentaient de prendre d’assaut l’aéroport de Gbadolite pour se réfugier au Togo.

L’ancien président de la Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié a lui aussi été sauvé par l’hospitalité du général EYADEMA et du Togo.  A  la suite du coup d’État du 24 décembre 1999 comploté contre lui  par le général Robert Gueï, Bédié n’avait pas à en croire sa première décision, une autre issue favorable et sécurisante que le Togo. Aujourd’hui, grâce au maintien de   cette politique de paix et d’hospitalité  par le président Faure Gnassingbé, c’est le désormais ancien chef d’État burkinabè Sandaogo Damiba qui y trouve exil.

Malgré que le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui réside depuis dimanche 2 octobre 2022 sur la Terre de nos aïeux, avait écarté Roch Christian Kaboré qui se trouve être le beau-frère du peuple togolais par un coup d’État le 24 janvier dernier, le Togo n’a pas renoncé à sa vocation d’antan.

Pour  le  ministre Prof Akodah Ayéwouadan porte-parole du gouvernement, le président déchu se trouve au Togo dans l’esprit de l’engagement du pays à la paix dans la sous-région.

Il assure par la suite que la CEDEAO en général et le Togo en particulier se sont réjouis que le Col Damiba ait pu accepter quitter le pouvoir pour éviter au Burkina un bain de sang.

« Le Togo, comme la Cédéao, salue le fait que l’esprit de paix l’ait emporté.  L’accueil de M. Damiba fait partie de cet esprit », a ajouté Prof Ayéwouadan auprès de  l’AFP.  Arrivé au pouvoir également par coup d’État en janvier dernier 2022 contre le président Roch Christian Kaboré démocratiquement élu,  Sandaogo Damiba a été  renversé à son tour par le jeune capitaine Ibrahim Traoré, 34 ans, qui avait annoncé sa destitution vendredi soir. Après avoir dans un premier temps refusé sa destitution, M. Damiba a finalement accepté de démissionner dimanche, à la suite d’une médiation menée entre les deux rivaux par des chefs religieux et communautaires. Il a proposé lui-même sa démission afin d’éviter des affrontements aux conséquences humaines et matérielles graves mais en posant des conditions.

Ces conditions font état de la poursuite des activités opérationnelles sur le terrain, la garantie de la sécurité et de la non-poursuite des forces de l’ordre et de sécurité  engagées à ses côtés, la poursuite du renforcement de la cohésion au sein des forces de l’ordre et de sécurité, la poursuite de la réconciliation nationale. Damiba a aussi conditionné son départ à la prise de l’engagement du Capitaine Traoré à respecter  des engagements pris avec la CEDEAO, la poursuite de la réforme de l’État, la garantie de sa sécurité et de ses droits, ainsi que ceux de ses collaborateurs.

Il va sans dire que malgré l’infiltration et les menaces terroristes dans la région des savanes le Togo reste et demeure l’un des pays le plus stable et sécurisé en Afrique. Il va valoir que le peuple togolais de concert avec les dirigeants puissent œuvrer davantage pour préserver cette denrée rare souhaitée et recherchée partout dans le monde aujourd’hui, qui est la paix.

Daniel A. (In CHRONIQUE DE LA SEMAINE n°669 du 06 Octobre 2022)

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