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Le 13 octobre 1972, un avion transportant de jeunes rugbymen entre l’Uruguay et le Chili s’écrasait dans la cordillère des Andes, dans les montagnes d’Amérique du Sud. Les rescapés y passeront 72 jours coupés du monde et se résoudront à l’anthropophagie pour survivre. Seize des 45 personnes à bord parviendront finalement à en réchapper.

 « La vie t’offre la possibilité de vivre des choses qui te marquent mais qui te permettent de grandir. » Telle est la définition de l’existence donnée, fin septembre, par Gustavo Zerbino, âgé de 68 ans, au quotidien argentin Clarin. Un homme qui, depuis cinquante ans, raconte son inspirante survie à plus de 3 700 mètres d’altitude, au cœur de la cordillère des Andes.

Gustavo Zerbino appartenait à l’équipe de rugby des Old Cristians de Montevideo qui allait disputer un match à Santiago du Chili. Les survivants ont confié que le vol était très agité, avec d’importants trous d’air. Soudainement, l’avion heurte une montagne et devient incontrôlable. Il finit sa course sur une plateforme neigeuse et s’immobilise après une longue glissade, brisé en plusieurs morceaux. Les enquêteurs concluront que le pilote, mort pendant le crash, avait commis une erreur de navigation.

Sur les 45 passagers, 31 survivent à l’atterrissage. Parmi eux, des joueurs, mais aussi des membres d’équipage et des dirigeants du club. Certains sont très gravement blessés et mourront au cours des jours suivants. Les survivants entendent des avions survoler la zone et en aperçoivent même un au-dessus d’eux. « Tous ensemble, nous avons fait une énorme croix dans la neige avec les valises vides et nous avons dessiné avec nos pieds le signe SOS pour qu’il soit visible depuis les airs », racontera Roberto Canessa dans un texte publié par The Daily Mail à l’occasion des 40 ans de la catastrophe. Ils pensent alors avoir été repérés, sautant même de joie.

« Nous sommes ceux qui ont brisé le tabou »

Leurs espoirs de sauvetage s’évanouissent progressivement. Les secours n’arrivent pas et les 27 personnes encore vivantes se lancent dans un combat dont ils ne connaissent ni la durée, ni l’issue. « Nous n’appartenions plus à ce monde, nous étions devenus des créatures d’une autre planète », confie Roberto Canessa, qui était alors âgé de 19 ans. Comme lui, la plupart de ses camarades d’infortune étaient très jeunes et ont pu profiter de leur vigueur physique pour survivre.

À une telle altitude, pas de flore ni de faune pour les aider à lutter contre la faim. Seule l’eau ne manque pas, grâce à la neige qu’ils font fondre. « Nous allions devenir trop faibles pour résister à la faim. Nous savions quoi faire mais c’était trop terrible pour y penser. Les corps inanimés de nos amis et de nos coéquipiers, préservés par la neige et le froid, contenaient des protéines vitales qui pouvaient nous aider à survivre », explique Roberto Canessa. Et d’ajouter : « Nous sommes ceux qui ont brisé le tabou. ».

Les survivants se livrent à l’anthropophagie. Ils s’y résignent pour sauver leurs vies, après en avoir longuement débattu entre eux. Cette décision permet aux plus résistants de tenir deux mois dans de terribles conditions de survie. Jusqu’à ce que trois d’entre eux choisissent de se lancer dans une ultime expédition pour tenter de prévenir les secours.

Le 12 décembre 1972, le trio entame sa descente sur le flanc chilien de la Cordillère. L’un d’entre eux rebrousse rapidement chemin vers le campement. Après plusieurs jours de marche, deux rescapés de la catastrophe arrivent au pied des montagnes. L’un d’entre eux, Fernando Parrado, aperçoit alors un paysan chilien de l’autre côté d’une rivière. La distance qui les sépare est trop grande et ils ne parviennent pas à communiquer. Fernando Parrado griffonne quelques phrases sur une feuille qu’il enroule autour d’un caillou. Ce papier dit notamment : « Je viens d’un avion qui s’est écrasé dans la montagne. Je suis uruguayen. Je marche depuis dix jours. Près de l’avion, il y a quatorze blessés. ».

Musée, livres et conférences

Les secours mettent quelques heures à arriver auprès des deux rescapés, puis atteignent la carcasse de l’avion. Ils ne peuvent pas croire que seize personnes ont réussi à tenir pendant 72 jours à une telle altitude. Parmi les survivants, Roy Harley, âgé de 20 ans. Ce solide ailier de 85 kg le jour du crash n’en pèse plus que 38 le 22 décembre 1972. Les recherches ayant été abandonnées depuis longtemps, les autorités chiliennes et argentines parlent alors d’un « miracle ».

Les révélations ultérieures sur l’anthropophagie, faites par des médias locaux, ont modifié la perception des incroyables récits de survie. Le quotidien chilien La Segunda écrit en première page « Cannibalisme justifié » avec, en surtitre, « Que Dieu les pardonne ! » Les Églises chilienne et uruguayenne sont d’ailleurs appelées à se mêler du débat. Elles accordent toutes deux leur absolution, tout comme le pape Paul VI.

Plusieurs de ces survivants ont raconté leur épopée dans différents livres traduits dans de nombreuses langues. Leur aventure a également inspiré le film « Les Survivants », sorti en 1993, et un musée Andes 1972, qui a vu le jour il y a dix ans à Montevideo « pour défendre les valeurs émanant de cette histoire ». Et le cinquantième anniversaire de ce crash est largement couvert par les médias uruguayens, à l’instar du quotidien El Pas qui propose notamment un podcast.

Certains des survivants racontent, depuis de longues années, leur calvaire dans des conférences qu’ils donnent dans le monde entier. À chaque intervention, ils insistent sur l’importance de ne jamais perdre espoir, la nécessité de se battre jusqu’au bout et de s’entraider. Un message qu’ils sont parfois amenés à délivrer directement sur des lieux de catastrophe, à l’instar de Gustavo Zerbino, qui s’est rendu au Chili en 2010 pour échanger avec une trentaine de mineurs bloqués sous terre pendant 70 jours.

Source : @France24

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