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Malgré les moments difficiles que traverse le peuple  togolais, en proie aux attaques terroristes intermittentes dans sa partie septentrionale, la Secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson. Elle qui est également coordinatrice de la Dynamique Mgr Kpodzro (DMK), ne trouve pas mieux que de courir derrière une alternance qui n’aura tout son sens  que dans un pays à l’abri de toute velléité terroriste. Dans un entretien avec Jeune Afrique, elle va jusqu’à confier que l’alternance, c’est pour bientôt au Togo.

Dans un entretien avec Jeune Afrique, la coordinatrice de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), expose la situation de l’opposition aujourd’hui et ses objectifs, en particulier dans la perspective des élections régionales et législatives, prévues respectivement au début et à la fin de 2023.

En ce qui concerne sa persistance à réclamer la victoire du candidat de la DMK, Gabriel Agbéyomé Kodjo, arrivé pourtant officiellement s avec 19,46 % des suffrages exprimés, très loin derrière Faure Essozimna Gnassingbé (70,78 %) et devant Jean-Pierre Fabre (4,68 %), Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson semble camper sur sa position. « Le temps ne compte pas pour mener ce combat. Cela fait plus de deux ans certes, mais cette question continue de préoccuper les Togolais comme si c’était hier. Renoncer à discuter du contentieux électoral né de la présidentielle, c’est sacrifier l’alternance au Togo, cette alternance que nous recherchons depuis plus de trente ans et qui est reconnue comme quelque chose de normal dans tout pays démocratique », a-t-elle dit.

La coordinatrice de la DMK précise que ce 22 février 2020, leur regroupement a compris que les Togolais, en allant exprimer leur suffrage, disaient « OUI », qu’ils sont d’accord pour aller enfin vers l’alternance. « C’est une responsabilité énorme pour le candidat de la DMK, Agbéyomé Kodjo, et pour nous qui sommes de la DMK, de faire en sorte de ne pas leur laisser un goût d’inachevé et qu’ils voient qu’ils n’ont pas voté pour rien. Nous en appelons donc à des discussions franches sur ce sujet important, pour garantir aux Togolais que cet épisode ne se répètera pas », a-t-elle relevé.

A propos des attentes de la DMK, Brigitte Adjamagbo indique qu’il faut que l’on trouve des solutions durables pour apaiser les Togolais. « Mais nous ne pouvons pas passer l’éponge. Nous pensons qu’il est normal d’opérer un transfert du pouvoir s’il s’avère que, au terme des discussions, il n’a pas été tenu compte des suffrages des Togolais », a-t-elle confié, avant d’ajouter que ces derniers ont tellement subi qu’ils ne sont plus prêts à accepter de compromis boiteux, quel qu’il soit. « Nous ne voulons d’aucun compromis aboutissant au statu quo », a-t-elle martelé.

Qualifiant la situation politique actuelle de « vivement préoccupante », la DMK sollicite par ailleurs l’aide des chancelleries occidentales pour le « rétablissement de la vérité des urnes », suivi d’un «transfert pacifique du pouvoir ». En dépit du fait qu’ils continuent de contester la victoire de Faure Gnassingbé, la DMK demande également à dialoguer directement avec le pouvoir, sans passer par la Concertation nationale entre acteurs politiques (CNAP), initiée depuis décembre par le gouvernement pour débattre, entre autres, de l’organisation des prochaines élections.

Commentaires

Pour des raisons qui leur sont propres, Brigitte Adjamagbo et ses amis de la DMK, continuent d’évoquer un contentieux électoral qui ne peut découler que de leur imagination fertile. Depuis l’homologation par la Cour constitutionnelle des résultats de l’élection présidentielle de février 2020, cette page est définitivement tournée. Pour prétendre le contraire, il faut un recours fondé sur des éléments irréfutables. Ceci n’ayant pas été le cas pour les candidats ayant participé à cette élection, une thèse de contentieux électoral, ne semble pas tenir la route.

Certes, il arrive à ce regroupement d’associations et de partis politiques ayant soutenu la candidature de l’ex Premier ministre d’Eyadema, Gabriel Messan Agbéyomé  Kodjo, de se donner des accents peu convaincants pour revendiquer une victoire imaginaire au mépris des textes en vigueur. Mais les Togolais qui ne sont pas dupes, estiment que c’est une façon pour ce regroupement de divertir l’opinion de l’essentiel, comme savent si bien le faire, les  mordus de la politique politicienne. Autrement, comment cette DMK qui se révèle incapable de produire à ses compagnons de lutte, notamment à l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), les preuves de sa victoire, peut-elle évoquer un contentieux électoral ?

La coordinatrice de la DMK n’est pas sans savoir que des élections sont annoncées respectivement pour 2023 et 2025 au Togo. En démocratie, les élections les seules alternatives pour la réalisation de l’alternance. Au lieu de ressasser, à longueur de temps, une hypothétique victoire, cette figure de l’opposition togolaise ferait mieux de mobiliser ses troupes dans la perspective de ces joutes électorales à venir. Au Togo, personne n’a le monopole de l’alternance au point de la revendiquer à tout vent, même dans les moments sensibles.

On se rappelle qu’il n’y a pas longtemps, au sortir d’une rencontre avec l’Exécutif, consacrée aux attaques terroristes dans le Nord du pays, les responsables des partis politiques avaient promis de mener des actions afin de sensibiliser les Togolais sur cette menace. Force est de constater qu’aucun d’entre eux, ne s’est encore exécuté de façon consistante à ce jour.

Aussi, cet entretien accordé par la coordinatrice de la DMK à Jeune Afrique, constituait pour cette dernière, l’occasion d’évoquer ce sujet brûlant d’actualité chez nous. Au lieu de cela, elle a préféré parler d’alternance alors qu’elle était attendue sur les problèmes d’insécurité grandissante dans le nord du pays. Quelle manière de se mélanger les pédales !

Daniel A. (In CHRONIQUE DE LA SEMAINE n°670 du 13 Octobre 2022).

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