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Le Togo a tourné le dos depuis quelques temps aux coupures intempestives du courant électrique dans nos villes. Ceci grâce aux efforts multiformes menés par les plus hautes autorités du pays, ceci dans le but de permettre à la population de vaquer librement, et en tout temps, à ses activités. Ce qu’apprécient à juste titre les travailleurs de nuit, notamment les balayeurs des voies publiques. Malheureusement, cet objectif noble, est hypothéqué à cause de la mauvaise gestion de l’éclairage public.

Le constat est connu de tous, nonobstant la disponibilité du courant électrique fourni par la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET), certains de nos quartiers et des rues dans la nuit, sombrent dans l’obscurité des semaines voire des mois durant.

En effet, sur ces rues un mauvais éclairage complique souvent la tâche aux usagers de la route, causant le plus souvent des accidents graves, surtout les nuits. Un éclairage défectueux ne permet pas non seulement de voir les  signaux lumineux des balayeurs des routes, mais aussi, rend difficile le travail à ces derniers. Contraints de n’exécuter leurs travaux que dans la nuit pour éviter des embouteillages afin de réduire les risques liés à leur profession, les balayeurs ne commencent généralement leur boulot qu’autour de 21h30. 

Cette précaution s’est révélée insuffisante pour sécuriser la vie de ces agents, et de faciliter leur tâche qui n’est autre que de rendre nos routes propres. « Ce travail que nous faisons, est très fatigant et aussi dangereux. Auparavant nous balayions à n’importe quelle heure, mais suite à des accidents parfois mortels dans nos rangs, nos chefs nous ont conseillés de le faire dans la nuit pour nous mettre à l’abri de ces malheurs. Une décision que nous saluons. Cependant, nous ne sommes pas toujours sorties d’affaires, puisque nous continuons d’enregistrer dans nos rangs des accidents nocturnes, à cause du non-respect par les autres usagers de la route, des panneaux lumineux indiquant notre présence ou délimitant notre zone de travail. Pour certains cas, c’est l’excès de vitesse mais pour la plupart, c’est le  mauvais éclairage des voies», a expliqué un balayeur du tronçon Tokoin Hôpital – Ramco.

Outre les accidents, cette anomalie dans la gestion de l’éclairage des voies rend pénible le travail de la propreté des routes. Ce que pointe du doigt une des balayeuses de la voie Atikoumè – GTA.

« Sur cette route de GTA- Atikoumè que nous sommes chargées de mettre au propre, à part les risques liés à notre métier, nous sommes aussi confrontées à un jeu des lampadaires. Aujourd’hui, vous venez, il y’a la lumière ; demain, vous venez c’est rien que l’obscurité. C’est ainsi tout le temps et on ne sait pas qui peut les réparer ou les changer pour nous aider.

Souvent dans l’obscurité, puisqu’on ne peut pas abandonner le travail par manque de lumière, ceux qui ont les téléphones portables allument leur torche et s’en servent pour balayer. Et nous qui n’avons pas encore de portable ou qui ne pourrons pas l’utiliser au même moment pour balayer, nous travaillons dans le noir avec tâtonnements, imagination ou avec quelques jets de phare de motos et véhicules.

Nous sommes vraiment exposées à tous les dangers dans ce cas-là. Dans cette obscurité, il y’a aussi des engins qui roulent sans phares ou avec une seule, ce qui ne leur permet pas de nous voir et des fois ils nous ramassent. Sans oublier qu’aujourd’hui nous avons aussi des engins qui ne font pas assez de bruits pour nous alerter aussi à vite leur céder le passage. Le comble, lorsque notre supérieur vient faire le contrôle et constate que le travail est mal fait par manque de lumière, il nous humilie, nous insulte comme si c’est de ta faute», a-t-elle relaté.

Et pourtant, les causes de cette défaillance dans le système d’éclairage public, sont connues de tous.

Cette situation est presque généralisée dans beaucoup de la capitale, et même dans d’autres villes de l’intérieur du pays. Soit les ampoules utilisées lors des installations, sont de mauvaise qualité ce qui donne un éclairage de mauvaise facture.

L’autre aspect de ce problème, c’est aussi la présence des poteaux sans ampoules, due au fait que les ampoules n’ont pas été remplacées, après que leur temps d’usage ait expiré. Si de par le passé, face à ce mauvais éclairage des routes, beaucoup indexaient le gouvernement pour le délestage qui était plus fréquent et aussi pour l’absence de la décentralisation et donc de gestion locale, l’on se demande à ce jour ce qui peut expliquer la persistance du phénomène alors que les plus hautes autorités ont fait leur part ?

Il est clair que l’administration soufre d’un problème d’hommes et d’un système de rigueur dans la gestion et le contrôle de la chose publique. C’est en ce sens qu’il urge que le ministre d’Etat, en charge de l’Administration territoriale, de la décentration et du développement des territoires, et son collègue de l’Energie, rappellent sérieusement à l’ordre non seulement les responsables de la CEET, mais aussi les maires de nos villes, afin de veiller à un bon éclairage de nos routes et quartiers.

Daniel A. (In CHRONIQUE DE LA SEMAINE n°673 du 3 Novembre 2022)

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