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L’une des stratégies du gouvernement togolais dans la lutte pour le développement, est le maintien en bon état du réseau routier. D’où la mise sur pied depuis 1997, de la Société Autonome de Financement et de l’Entretien Routier (SAFER) chargée de mobiliser des fonds permettant de financer prioritairement l’entretien des routes et des pistes rurales. Cependant la collecte des fonds à travers les postes de péages qui représentent plus de 35% des sources de financement de ladite société, se trouve confrontée à un problème qui paraît anodin mais qui constitue un véritable handicap pour le système de recouvrement du droit de l’usage de la route. C’est celui de la disponibilité par les usagers, de la monnaie, qu’il faut donc éradiquer en invitant les usagers à apprêter la somme juste nécessaire avant d’arriver aux postes de péages.

La SAFER dans l’optique d’accompagner la feuille de route gouvernementale visant à éradiquer la pauvreté à la base, estime aussi que pour éradiquer vraiment la pauvreté à la base et toucher le panier de la ménagère, il faut passer par la route. Pourquoi dire qu’il faut passer par la route ?

A en croire les autorités de la SAFER, la bonne praticabilité des routes permet à la population surtout celle rurale d’écouler en toute sécurité les produits locaux vers les marchés et les zones de forte consommation. Lorsque les routes sont bien entretenues, affirment-elles, c’est le panier de la ménagère directement qui est touché positivement et par ricochet c’est la pauvreté qui est éradiquée ainsi et qui dit éradication de la pauvreté parle du développement de la société.

Comment mobiliser alors les fonds pour l’entretien permanent des routes ?

L’utilité de maintien des routes en bon état étant ainsi reconnu de tous, il va valoir avoir des mécanismes de mobilisation des fonds nécessaires pour cette mission. Outre la TVM et les dividendes reçus sur le carburant, la SAFER s’appuie à hauteur de 35% sur les sous des droits de l’usage de la route payé à chaque poste de péages pour réaliser ses projets dont le principal est l’entretien routier.

A l’exception des véhicules immatriculés FAT, les Sapeurs-pompiers, la police nationale, les ambulances, tous les conducteurs d’engins ont le devoir de s’acquitter du payement des droits d’usage de la route à chaque passage à un poste de péage à un prix proportionnel à engins: deux roues 50f, tricycles 100f, véhicules légers 500f, minibus de 9 à 15 places 500f, autocars/bus 1500f, poids lourds à 2 essieux 2500f, poids lourds à 3 essieux, poids lourds de 4 à 5 essieux 3000f, poids lourds de 6 à 7 essieux 3500f, poids lourds de 8 essieux et plus 5000f.  En fait, au Togo le principe du paiement est celui de « l’utilisateur payeur».

« Il y’a la route, nous l’utilisons, nous devons contribuer à la maintenir en forme. Tout ce que nous collectons est destiné à l’entretien. En payant, on rend plus sûr la route que nous utilisons», a expliqué M. Tardji Tyr, un cadre de SAFER. Pour ce dernier, lorsqu’on a des routes avec des trous partout, cela cause d’énormes accidents, lenteur dans la circulation, dommage sur les engins et sur les personnes ainsi que sur les colis sans oublier l’augmentation des prix des produits locaux. Si bon gré ou mal gré, les usagers arrivent à payer avant le traverser des postes de péages, le grand défi qui reste à relever est celui de la monnaie.

« La plupart des conflits, c’est la question de monnaie» a déclaré le responsable du service de la vidéo surveillance. Dans la perception des droits d’usage devant les postes de péages, le manque de monnaie constitue aujourd’hui un véritable problème aussi bien à la caisse qu’aux usagers.

En effet, certains usagers arrivent aux postes de péages avec de grosses coupures d’argent alors que peut être c’est pour payer 50 f, 100f ou 500f. Pour certains, c’est de la bonne foi et pour d’autres c’est juste pour monnayer leur gros billets pour d’autres encore en réalité c’est une manière de bouder le fait de payer qu’ils n’ont pas encore totalement accepté.

«En effet, pour atteindre sa mission, la SAFER s’est donnée des objectifs. Et l’un de ces objectifs, c’est la collecte dans les règles de l’art aux postes de péages. Mais nous sommes confrontés à ce problème qu’on appelle monnaie, à tel point qu’aujourd’hui quand on parle de monnaie sur les postes de péages, quand bien même que le problème est toujours d’actualité, c’est un problème que les gens semblent ne plus prendre au sérieux.

Pourtant le problème est bel et bien là. Nous avons fait toutes les démarches au niveau des banques même au niveau de la BCEAO, nous n’avons pas trouvé de réponses parce qu’il y a d’autres problèmes qu’elles appellent inflation qu’elles sont en train d’éviter.

Donc elles ne peuvent pas nous donner la monnaie conséquente», a fait savoir la directrice des services des péages Mme Hodalo Sama Kondokissem, la responsable de l’exploitation des péages.

Alors que faire pour résoudre ce problème crucial ?

Pour mettre fin au problème de la monnaie devant les postes de péage qui a pour conséquence la perte de temps, l’encombrement des voies, les disputes et des bagarres, la SAFER appelle au civisme et à la prise de conscience des usagers. 

En dehors du payement électrique via la carte automatique mise en place pour le moment dans trois postes de péages pour simplifier l’opération et rendre fluide la circulation, les plus hautes autorités de la SAFER exhortent vivement les usagers à apprêter la monnaie avant d’arriver devant le guichet du payement. C’est-à- dire, les conducteurs des engins qui n’ont pas encore la carte électronique, doivent préparer juste la somme qu’il faut payer avant de se présenter devant la caisse. Car la SAFER n’étant pas une banque ne peut pas indéfiniment avoir de la monnaie pour servir les usagers. 

La direction de la SAFER appelle par ailleurs à un abonnement massif des usagers au payement électronique pour mettre fin aux accrochages inutiles aux postes de péages. « Lorsque l’usager arrive au guichet, il présente juste la vignette à un lecteur qui vérifie si la carte est valide. Lorsqu’elle l’est, le véhicule est autorisé à passer. Avec cette stratégie, nous sommes passés de la monnaie en espèce pour le paiement numérique», a indiqué M. Pana ingénieur électronicien à la SAFER.

Tout tant comptant sur le sens élevé de la compréhension et du civisme des usagers, la société compte toutefois faire stationner des engins jusqu’au moment où ces derniers apportent la monnaie qu’il faut.

Essobiou A. (IN CHRONIQUE DE LA SEMAINE n°677 du 1er Décembre 2022)

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