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Réconcilier le peuple togolais, du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est et de tous les bords, demeure un engagement primordial du Président Faure Gnassingbé depuis son accession à la magistrature suprême. Et l’un des actes forts de cette vision, est bel et bien le rapatriement des restes du premier Président togolais, feu Sylvanus Olympio, une vision soutenue par le peuple togolais à travers les recommandations de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR). Pourquoi depuis plus de quinze ans cette belle initiative peine-t-elle à se concrétiser ?

L’opinion nationale et internationale ont reconnu et salué, à juste titre, les actions concrètes posées par le chef de l’État actuel pour apaiser les cœurs meurtris et accélérer la vraie réconciliation entre les filles et fils du Togo. Alors si l’initiateur de cette réconciliation a réussi à supprimer le défilé militaire si cher aux militants du Rassemblement du peuple togolais (RPT), le parti au pouvoir d’alors, rapprocher l’Union des forces de changement (UFC)  et le RPT, et dédier certains édifices de grandes renommées au nom de Sylvanus Olympio, ce n’est pas le rapatriement des restes de ce dernier qu’il  refuserait. Tous les Togolais le savent. La demande du pouvoir de rapatrier les restes de Sylvanus Olympio qui sont toujours à l’étranger, notamment à Agoè  Djigo  au Bénin, piétine à cause de la seule opposition de sa famille biologique. 

Pour cette dernière, tous les aïeux et ancêtres de la famille Olympio sont enterrés à Agoè Djigo, une localité du territoire togolais dans le temps et qui se trouve aujourd’hui du côté du Bénin, une conséquence de la colonisation. Malgré les négociations et l’insistance du président Faure Gnassingbé à ramener sur le sol togolais, les restes du Président Sylvanus Olympio qui est un patrimoine national et non une propriété exclusive de sa famille biologique, cette dernière maintient son refus catégorique à la demande légitime de l’État togolais. C’est dans l’espoir qu’un jour la famille finira par entendre raison pour lâcher-prise, que le gouvernement a mis en ‘‘stand-by’’ cette affaire.

Cependant la commémoration des 60 ans de l’anniversaire de l’assassinat de Sylvanus Olympio va ressusciter cette demande chez certains leaders des organisations de la société civile et même, des hommes de Dieu. Selon le professeur David DOSSEH  qui s’est pour une première fois rendu  sur la tombe du père de l’Indépendance, «c’est regrettable qu’à ce jour du 60ème anniversaire, le peuple ne soit mobilisé pour un hommage digne, ça fait pitié. On ne peut pas continuer par parler de réconciliation sans être capable de rapatrier les restes du corps au pays pour que nous puissions le saluer le moment venu. Je suis choqué de constater que le président est rangé ici dans les oubliettes. Aujourd’hui, j’ai eu le réflexe que je n’ai jamais eu auparavant, de venir sur sa tombe», a souligné David Dosseh dans une interview accordée à afriquenligne.info.

Ce responsable de la société civile, proche de l’opposition, qui a voulu jeter du discrédit et son dévolu sur la politique de réconciliation prônée par le président Faure Gnassingbé, s’est heureusement ressaisi. « Je ne suis pas les enfants d’Olympio, cependant le président est devenu un patrimoine national, et il ne serait pas bon de le laisser à l’étranger». Il va sans dire qu’il reconnaît que le blocage n’est pas du côté des gouvernants.

Sur la question de l’auteur de l’assassinat du Père de l’Indépendance, le syndicaliste estime que « tout le monde connaît la vérité, cependant je doute qu’un jugement soit organisé sur cette terre peut être dans les cieux, je ne sais pas», s’est indigné le Prof Dosseh. Et cette vérité c’est qu’aucun Togolais n’est impliqué, ni de loin  ni de près, à la mort de Sylvanus Olympio. Il est clair donc dans la tête de tous les Togolais qui pensaient que le Père de la Nation, feu Général Gnassingbé Eyadéma serait complice ou principal auteur de ce coup fatal et pourtant ce dernier n’en est pour rien.

A en croire l’Archevêque métropolitain de Lomé, Mgr Nicodème Anani Barrigah Bénissan, dans son homélie vendredi dernier, au cours de la messe commémorant les 60 ans de la disparition du Père de l’Indépendance, l’heure a sonné pour que ce dernier repose chez lui au Togo. Ceci au nom de la réconciliation nationale prônée par le Chef de l’État. Bien que la foi catholique n’accorde pas d’importance à comment ou à quel endroit un homme est enterré après sa mort pour le repos de son âme, mais plutôt à sa foi en Dieu et en les bonnes œuvres faites par le défunt de son vivant.

« Je saisis cette occasion pour poser ces questions qui assaillent l’esprit de tant de Togolais. Le temps n’est-il pas arrivé, après 60 ans, pour que nous regardions ensemble l’histoire de Sylvanus Olympio de manière plus dépassionnée, afin d’envisager ensemble notre avenir ? Le temps n’est-il pas venu pour que la dépouille mortelle de notre premier Président puisse enfin reposer chez lui, dans la terre pour laquelle il s’est battu? Le temps n’est-il pas venu pour un travail de vérité et de pardon ? De vérité qui permette de lire enfin notre histoire telle qu’elle s’est déroulée, en vue de tourner finalement la page ? De pardon qui permette de remettre tout le monde débout ?», tant d’interrogations de prise de conscience à tous les niveaux de Mgr Nicodème Anani Barrigah Bénissan.

Vivement que ces interrogations de la société civile et de l’archevêché de Lomé, qui viennent en soutien à la volonté du Chef de l’État togolais, puissent trouver un avis favorable auprès de la famille biologique du premier président de notre pays.

Essobiou A. (In CHRONIQUE DE LA SEMAINE n°682 du 19 Janvier 2023)

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